25 octobre 2008

Chapitre 1 : POURQUOI ALLER VOIR UN PSY ?

C’est vrai ça, nous n’en avons pas besoin nous les femmes libérées – indépendantes – belles – épanouies - mères, épouses (ou) (et) working girls accomplies !

(Vous vous retrouverez bien dans une de ces catégories, dans le cas contraire ne vous posez plus la question, il faut bel et bien consulter.)

Voici quelques cas de figures pour se demander si nous n’en avons effectivement pas besoin :

Nous sommes libérées :

On ne nous a toujours pas expliqué de qui

ou de quoi nous étions libérées, mais nous le sommes.

C’est écrit partout et c’est ce que je me

dis en préparant le repas pour ma petite

famille, en rangeant la chambre de ma fille ou encore en repassant les chemises de mon époux…

Libérée oui ! Mais maniaque aussi.

Résultat : il n’y a que moi qui fait tout

bien, donc c’est de moi que je dois me

libérer…

Et ce n’est pas gagné !

Et vous ? Vous êtes comme moi peut-être !

Vous n’êtes pas maniaque, vous êtes propre. Mais comme ça n’est jamais assez propre, vous appelez ça comment ?


Nous sommes indépendantes :

Voilà ! Youpi ! J’indépendance, tu indépendances, elle indépendance, nous indépendançons toutes ! ! !

Nous en sommes certaines quand il faut régler toutes seules toutes les factures, le loyer, le vétérinaire (ou) (et) l’inscription en fac du bébé que l’on a fait toute seule il y a vingt ans.

Où est le bon temps où le petit garçon faisait ‘areuh !’ dans son parc ? Sous nos yeux de mère attendrie par la ressemblance avec… Nous… 

…Normal puisqu’il n’est qu’à nous !

Nous attifions ce tendre enfant comme nous le voulions avec des fringues de chez Tati.

Ce bébé qui ne tient plus dans ses barboteuses, nous aide maintenant à ne pas laisser refroidir notre Carte Bleue en nous emmenant promener (chacun son tour) sur les boulevards des marques.

Le rejeton nous assomme avec ce qu’il appelle de la musique et que nous nous appelons du bruit.

Il ne veut plus regarder Navarro avec nous et passe ses nuits à discuter, pardon, à chater sur son ordinateur !

Nous on a encore du mal à faire fonctionner le scope alors surfer sur internet on verra demain !   

Indépendantes, ça veut dire aussi que nous devons nous taper un patron forcément chiant comme la mort, qui ne sera content du courrier ou du dossier que nous lui avons remis que lorsque notre dernier train aura quitté la gare ou que la nourrice sera passée au tarif de nuit.

Un peu de stress… Peut-être !


Belles :

Nous sommes toutes belles ! De toute façon, il le faut ! Nous le devons à la société.

Ca aussi c’est marqué. Soyez belles, devenez belles, restez belles…

Et si on ne l’est pas ! Que l’on n’a aucune chance de le devenir, et encore moins de le rester.

Si l’on ne ressemble pas à celles que l’on voit partout sur les murs, on fait quoi ?

On liposuce, on retend, on relève, on efface, on gomme. On fait tout remonter et si ça pend quand même, on va comment ?

Et si nos moyens ne nous permettent pas de faire tout ça, et si nous devons nous contenter de ce que nous avons, alors que l’on n’arrête pas de nous faire comprendre que tout ce que nous sommes, ne convient pas aux critères, on vit comment ?

Complexée… Non, pourquoi ?

Epanouies :

Ah ! ça aussi nous le sommes !

Nous avons toutes Rocco Siffrédi dans notre lit. Nous sommes toutes des jouisseuses de premières. Par devant et par derrière.

Le clito dressé et les jambes écartées.

Mais oui mesdames !

C’est pas vraiment ça hein ! Enfin pas tout ça en même temps. Pas tout à fait. Pas vraiment…

Et puis tout compte fait pas du tout.

Enfin pas encore !

Et puis de toute façon, il n’y a plus assez d’hommes alors !

Nous sommes épanouies, oui, toutes seules au lit l’index ou le majeur pour seul compagnon.

Ou une autre femme ! Ca aussi nous y pensons mais nous ne sommes pas épanouies à ce point là. Non mais, quand même ! 

Frustrées ! Qui a dit frustrées ?

Mère & épouse :

Les plus beaux métiers du monde.

Les plus vieux aussi !

Mais il paraît que ce ne sont pas les plus vieux…

D’abord ce ne sont pas des métiers. En tout cas pas reconnus et surtout pas rémunérés.

Vous êtes une femme au foyer donc vous êtes une fainéante !

Franchement que faites-vous de vos journées ? 

A part, bien sur, vous amuser follement avec le balai et le lave vaisselle. (Si vous en avez un et surtout si vous avez la chance qu’il fonctionne).

6 heures – petit déjeuner pour tout le monde.

Vous avez trois enfants :

Une au collège (veinarde une ado !)

Un au CM2  (pré-pubère pas mal non plus !)

et vous avez eu la bonne idée de fabriquer la petite dernière (on va dire 2 ans, l’apprentissage du pot. Vive les pipis dans les chaussettes !)

Nous n’en sommes donc qu’aux céréales, cacao, jus d’orange, tartines, café etc..

Jusque là tout va bien !

Vous avez réussi à poser une fesse sur une chaise. Pas les deux, ça ce sera pour dans une vingtaine d’années. Si tout va bien, car le « tanguisme » est en pleine expansion !

La tasse à café n’a pas le temps d’arriver jusqu’à votre bouche, n’oubliez pas qu’ils sont trois contre vous.

Votre mari ne trouve pas la cravate que, justement, il avait l’intention de mettre ce matin, celle là et pas une autre !

Votre fils souffre de la même maladie, mais lui, c’est son maillot de foot.

Votre fille aînée, elle ; jure qu’elle n’ira pas en cours tant que l’énorme bouton (environ un demi millimètre) n’aura pas disparu de son menton. A moins que vous ne lui prêtiez un peu de fond de teint, pour masquer cette abomination !

La cravate est trouvée !

Par vous, bien sur, en dix secondes. Forcément vous la lui cachez exprès…

Le maillot de foot découvert également, dans sa cachette préférée… Au fond du sac de sport, tenant compagnie depuis huit jours aux chaussettes et aux chaussures qui puent.

Résultat : il pue aussi.

Mais c’est de votre faute, vous avez omis de dire à ce pauvre enfant, pour la 1250éme fois de vider son sac de sport. De nettoyer ses chaussures, et de mettre ses vêtements dans la panière de linge sale.

Comment vouliez vous qu’il le devine ?

Mais vous, qu’allez vous faire pour réparer ça ?

Vous allez laver la chose immédiatement, la faire sécher le plus vite possible et promettre au pré-pubère de la lui amener pour l’heure exacte du match. Non ?

Le bouton de la grande est caché sous une montagne de fond de teint. Ce qui fait que, ce que l’on ne remarquait pas du tout avant est bien mis en évidence maintenant !

Mais c’était ça ou une séance de portes qui claquent. Vous les connaissez bien ces fameuses séances de portes qui claquent. Celles là même où vous priez pour que les vitres tiennent le choc.

Enfin, tout est en ordre !

Vous regagnez la cuisine.

Là, votre petit bébé d’amour vient de jouer au chamboule tout avec à peu près tout ce qui se trouvait à sa portée sur la table de la cuisine. Normal, il vient de se rendre compte qu’il était juste à la hauteur, et ça s’arrose !

Votre moitié vous gratifie d’un demi baiser avant de partir, en vous lançant gentiment « Regarde dans quel état est la petite, tu pourrais la surveiller quand même ! Allez, à ce soir, amuse-toi bien »

(Sous-entendu : vous êtes une chanceuse de ne rien faire de vos journées).

Les deux terreurs vous envoient un « Salut man’ à s’soir » et vous êtes enfin tranquille, avec la possibilité de boire votre café… froid !

Ou, autre alternative, vous décidez de vous en faire un autre et de vous accorder du temps.

Mais, vous savez que vous ne pourrez vous accorder du temps que lorsque tout sera terminé et lorsque vous estimerez que tout est terminé (ce qui, avouez le, est un leurre), eux aussi auront fini leur journée…


Sans compter que votre mari ne peut pas s’endormir sans avoir fait l’amour !

Surmenée ? Rien qu’un tout petit peu !

Working-girl :

Vous normalement vous avez tout !

Un bon travail qui ne vous prend que 26 heures sur 24.

Un très bon salaire, qui vous permet d’avoir tout le confort dans votre appartement, où vous n’êtes jamais…

Vous ne dirigez pas l’entreprise, mais presque, tout le monde à l’impression que c’est vous la tête pensante, c’est déjà ça !

Le boss vous engueule, mais dans la stricte intimité de son bureau. A vous de lui faire comprendre que si vous n’êtes pas tout à fait à la hauteur du job, vous êtes tout à fait satisfaisante dans un lit.

Et puis en cas de remontée de bretelles mal acceptée, vous avez une flopée de subordonnés sur laquelle vous venger.

Admettez le, vous avez tout !

Toute la solitude surtout…

Plateau télé pris en hâte devant un film ringard que vous avez déjà vu une dizaine de fois.

Un chat qui ne vous reconnaît plus parce que la seule odeur humaine chez vous, c’est celle de la femme de ménage.

Les week-end :

Samedi : coiffeur, manucure, esthéticienne. Vous vous devez d’être parfaite !

Le soir, peut être, une sortie entre copines… Mais en fait, les copines sont toutes mariées, presque grands-mères. Alors que vous, vous n’avez pas encore trouvé le temps d’être mère. Donc, nouvelle soirée seule… un ciné peut être !

Dimanche : petit déjeuner avec le chat… (Il est content le chat !)

Et puis coups de fil à la famille – impératif ! – 

« Oui maman tout va bien ! Mon boulot ? Pas de problème ! Non maman je n’ai toujours pas de petit ami. Oui, je sais que tu voudrais bien avoir des petits enfants un jour ! Martine va se marier… c’est super ! Non maman je n’ai pas le temps pour l’instant de venir vous voir ! Oui passe moi papa, au revoir maman ! »

« Bonjour papa ! Oui ça va ! Le boulot ? Ca va papa ! Non je n’ai toujours pas de fiancé… »

Voilà ! Vous raccrochez et vous vous sentez très bien.

Le moral à ras les chaussettes ; Le lit, la couette, le chat… ‘Martine va se marier’ la plus moche du village. Elle y aura mis le temps mais elle va se marier… ELLE ! ! !

Mais, vous vous rassurez en vous disant que les vacances approchent.

Vous partirez dans un club de vacances. Seule !

Vous allez bronzer, excursionner, batifoler… Seule ! Envoyer des dizaines de cartes postales à des personnes à qui vous rappelez votre existence deux fois par an : au jour de l’an et au mois d’août.

Et vous allez rentrer, reposée certes mais… Toujours seule !

Le chat vous aura carrément oubliée et Martine sera mariée !

Déprimée ? Alors juste un doigt !

Ah ! Les hommes ! ! !

Et puis nous, les femmes, nous sommes aussi divorcées, abandonnées, trahies

Souvent dans un ordre différent :

-         Trahie d’abord,(comprenons : il nous trompe avec une garce de dix ans de moins que nous)

-         Abandonnée,(il est parti avec la garce qui a dix de moins que nous)

-         Divorcée,(il a épousé la garce qui a toujours dix ans de moins que nous !)

La dépression ? Ce n’est pas pour moi !

Il ne faut  pas oublier non plus…

… les parents :

Il y a ceux qui, à force de vouloir nous faire du bien ont fini par nous faire beaucoup de mal.

Et ceux qui nous ont fait tellement de mal que l’on arrive pas à se faire du bien.

Se construire dans l’age adulte alors que l’on a tout juste été fabriquée, ce n’est pas si simple.

Compliqué également, de devenir une bonne mère lorsque l’on en n’a pas eue. Ou qui nous a aimé si mal, qu’elle aurait mieux fait de ne pas être là.

Difficile enfin de réaliser leurs rêves !

Faire ce qu’ils n’ont pas pu faire, devenir ce qu’ils n’ont pas su être ; ou vivre pour eux tout simplement.

Œdipe si tu es là frappe trois fois…

Encore une chose qui esquinte bien :

la passion ! :

Heureusement ou malheureusement, à vous de voir, tout le monde ne la croise pas.

Elle nous apporte beaucoup, mais elle nous prend encore plus !

C’est un peu comme si l’on était aspirée par une tornade en bas de chez nous et rejetée des centaines de kilomètres plus loin.

Au départ, on flotte sereine au dessus des nuages : il est beau, il est intelligent, il a tout et on l’aime.

Au stade suivant, on veut tout, on lui prend tout, on a jamais assez de lui : encore un morceau s’il te plait ! 

A la troisième étape, il se rend compte que nous en voulons encore plus, toujours plus ; il a peur de se faire bouffer et il nous jette.

Ca fait très mal ! On est cassée de partout… Les bras, les jambes, le cœur, la tête… La tête surtout ! Plus rien ne fonctionne.

En dernier lieu l’on se réveille à des kilomètres de notre vie, complètement déphasée sans lui. Détruite ! Lui c’était l’air que l’on respirait. Plus là ! Plus d’air. Plus rien ! Plus vivre…

Des idées suicidaires ? Pas du tout ! Je collectionne les boites de somnifères. C’est tout !

Alors avant de craquer vraiment !

Avant de ranger le sucre dans le réfrigérateur et le beurre dans le placard à chaussures ; de vérifier cinquante fois si l’on a bien fermé le gaz.

De passer Mistigri par la fenêtre du dixième étage parce que nous ne supportons plus qu’il ne nous supporte plus.

Eventuellement, avant de nous retrouver avec un verre de vodka à la main à 9 heures du matin et un flacon de valium à 21 heures…

Et surtout si l’on en est déjà là.

Si on y allait ? 

Ce ne sera ni dieu ni diable !

Juste quelqu’un qui sera là pour écouter ce que vous avez l’impression que personne autour de vous ne veut entendre, et surtout ne peut comprendre.

Quelqu’un qui vous aidera à démêler la pelote de laine.

… Juste un psy…

Et en plus, au fil du temps, vous vous direz que le plus bizarre des deux ce n’est peut être pas vous !

Posté par evildiane à 16:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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